Nose Art
Une révélation, juste comme ça, en regardant Memphis Belle en vost, avec ses forteresses volantes allègremment peinturlurées: Dolly, Windy City, Mother and Country... Pappy Boyington, la VMF-214 et ses black sheeps y sont aussi pour quelque chose. Corsairs, palmiers, petites infirmières, vive les avions vintage, le nose art, les Vargas Girls et autres pin-ups des années 40.
Le Nose art (littéralement « art sur le nez [des avions] »), les Peintures de Guerres sur les avions militaires sont apparues dès la Première Guerre mondiale (une des plus connues est celle du Baron Rouge) mais a connu son apogée au cours de la Seconde Guerre mondiale.
Les motifs étaient très divers. Nombre d'appareils avaient des Pin-up peintes sur le fuselage, souvent copiées sur « Yank Magazine » ou les calendriers produits en grand nombre d'exemplaires et illustrés par des artistes comme George Petty, Gil Elvgren ou Alberto Vargas (trois grands noms des Pin-Ups des années 1940s).
Parfois, ces motifs provenaient de bandes dessinées ou de dessins animés. On trouve ainsi de nombreux Mickey Mouse, Donald Duck ou encore Popeye. D'autres fois encore, il s'agit simplement d'un nom, le nom d'une épouse ou d'une petite amie restée au pays, ou d'un simple surnom affectif le plus souvent choisi par le pilote et accepté par les membres de l'équipe.
Ces peintures n'étaient bien évidemment pas encouragées par l'État-Major mais tolérées car elles permettaient de maintenir le moral des troupes. En effet, les équipages passaient de nombreux jours sans voler. Pour s'occuper, les hommes cherchaient à trouver le meilleur nom ou motif pour leurs avions. Ces motifs étaient soit peints par l'équipe soit par l'artiste officieusement reconnu par la hiérarchie militaire du fait de son talent et qui se retrouvait donc affecté officiellement aux cuisines mais qui ne passait que peu de temps aux casseroles. Enfin, les hommes pouvaient plus facilement identifier un avion par son surnom que par son numéro de série et ce caractère affectif permettait de mieux passer les moments difficiles (stress de la bataille ou mort d'un camarade).
Les ressources françaises sur le sujet sont assez rares. Tout au mieux peut-on se mettre sous la dent le numéro hors-série de Beaux-Arts Magazine, indisponible à peu près partout et donc loin d'être évident à trouver. Un format revue un peu pauvre, qui se contente d'aller directement à l'essentiel.
En revanche, on trouve outre-Atlantique une pléthore d'ouvrages sur le Nose-Art, grands formats, abondamment illustrés, richemment détaillés. On peut les dégotter facilement sur amazon, pour une vingtaine d'euros tout au plus (pour un bouquin de cette taille, c'est peanuts!). Je ne saurais donc que trop les recommander aux curieux.