Paris Air Show!

http://www.paris-air-show.com/fr/
http://www.salon-du-bourget.fr/
Après plusieurs années d'impatience, j'ai enfin eu l'occasion de mettre les pieds au Salon du Bourget, le Paris Air Show, superlativement le plus grand salon d'aéronautique du monde. Au total, 1949 exposants.
Quatre jours durant, le salon a été réservé aux professionnels du milieu, avant de s'ouvrir au public le vendredi 22 juin 2007. Jusqu'à dimanche 18 heures, les 200000 visiteurs attendus auront donc pu contempler les 140 appareils exposés au sol et les présentations aériennes de 40 avions.
http://bourget.erifae.net/reaxia_files/Liste_des_aeronefs.pdf
Pour cette 47ème édition, honneur aux hélicoptères à l'occasion du centenaire du premier vol d'une voilure tournante. On trouvera notamment une réplique de l'appareil de Paul Cornu, qui réussit l'un des premiers soulèvements verticaux de l'histoire, en novembre 1917.

J'ai toujours été ébahie par la formidable capacité qu'avaient les salons aéronautiques et autres meetings aériens de province à drainer les foules. Le Bourget ne fait pas exception et ce sont des navettes surchargées qui dégorgent un flot incessant de visiteurs dès l'ouverture du salon.
Petit clin d'oeil au passage à l'escadron de chasse 1/2 Cigognes de la BA 102 de Dijon, qui nous accueille à l'entrée. Décidément de toutes les fêtes, le 01.002 Cigognes caracolait déjà il y a une paire de mois sur le parking du centre commercial La Croix Dampierre à Châlons-en-Champagne, lors d'une opération séduction menée par l'armée de l'air.
http://escadron1.2cigognes.free.fr/
Bref, de bien sympathiques cigognes, qui avaient la gentillesse de laisser le public faire un petit tour dans le cockpit du Mirage 2000 en présentation. Car, si on est venus au Salon du Bourget, c'est dans l'espoir de pouvoir approcher les avions au plus près, mille sabords!
Personnel autorisé only
Et c'est en traversant le premier hall que l'on se rend compte un peu naïvement que le Bourget est un salon professionnel avant tout. Vive les cordons de sécurité, les vigiles déguisés en agents Smith et surtout les VIP privilégiés. Impossible d'approcher les stands à moins de trois mètres. Vous me direz, sièges d'avions, éléments de réacteurs, missiles, torpilles et autres marchands d'armes présentent un intérêt tout relatif pour le public lambda. Un gentil monsieur d'EADS nous tend d'ailleurs difficilement des autocollants Airbus par-dessus le cordon de sécurité, représentant une silhouette de l'A380 avec un dauphin à l'intérieur. Allez comprendre...
Les avions en présentation statique sont tout aussi frustrants. Les constructeurs exposent leurs jets grand luxe que seuls des invités triés sur le volet sont invités à visiter. A peine peut-on entrevoir un minibar en acajou au travers d'une porte laissée ouverte. Comme si les barrières ne suffisaient déjà pas, on aperçoit un peu partout des panneaux "merci de ne pas toucher aux avions".
Plusieurs hélicoptères sont rassemblés et le fameux hélicoptère de combat Tigre stationne bien à l'abri à une dizaine de mètres des spectateurs. C'est d'autant plus dommage que le public est très friand de ce genre d'appareil. Là aussi, on aurait bien voulu voir le cockpit...
Machines volantes

Les démonstrations en vol ne devant débuter qu'à 14h, une petite visite au musée de l'air et de l'espace s'impose. Enfin, petite... Le musée s'étend sur sept halls, auxquels s'ajoutent les fusées Ariane I et V ainsi qu'un Boeing 747 entièrement visitables.
Le hall Machines Volantes est dédié aux premières machines volantes (fin XIXème) jusqu'aux avions utilisés lors de la Grande Guerre. A noter, une exposition très complète sur les mongolfières. Beaucoup d'avions originaux et de reconstitutions.
Le hall Espace retrace quant à lui la conquête spatiale. Un missile intercontinental, symbole de la dissuasion nucléaire française, y est exposé. Effrayant!
Le hall Saint Exupéry est consacré aux avions de voltige et aux premiers transporteurs civils. Une exposition est dédiée au célèbre aviateur et de nombreux objets témoignent de sa vie d'aventurier. On découvre ainsi la fameuse gourmette repêchée au large de Marseille, ainsi que le train d'atterrissage de son avion , le P38. Tiens donc, je savais que les descendants de Saint-Exupéry s'étaient opposés au renflouage de l'avion, mais je n'aurais pas cru que certains éléments en auraient été tout de même remontés à la surface...

Le hall Seconde Guerre Mondiale présente les plus beaux avions de la seconde guerre (POLIKARPOV I-153 CHAÏKA, l'unique exemplaire du YAK 3, MARAUDER B26, DEWOITINE 520, REPUBLIC P47D THUNDERBOLT, FOCKE WULF F190,VICKERS-SUPERMARINE VS361, SPITFIRE MK16...)
Le hall Protoypes contient des prototypes d'avions français ainsi que des hélicoptères.
Dans le hall Cocarde (cocorico!), les principaux avions de combat de l'Armée de l'Air depuis les années 50 et une maquette pédagogique du Mirage F1.
Enfin, le Hall Concorde est consacré au prototype 001 qui a volé pour la première fois en 1969, et au Concorde Sierra Delta, le dernier à avoir survolé la France. Il sera offert par Air France au Musée en 2002.
Là, pour le Concorde, grosse déception... Longtemps alléchées par une publicité vue dans le métro il y a des ça quelques temps ("Ils sont deux et c'est unique!"), c'est la pièce du musée que j'avais le plus hâte de découvrir. Je m'attendais à une exposition consacrée et tout et tout, et là paf... Le hall Concorde a été réquisitionné par les commerciaux. Du coup on peut le visiter sans le ticket du musée, mais le spectacle est définitivement gâché...
Des stands partout, et toujours la même foule compacte qui se meut sous les appareils. Contrairement aux autres halls, il n'y a aucun panneau explicatif sur cet avion, qui a décidément droit à bien peu d'égards en ce Salon de l'Aéronautique. Dégoûtée, et même sans essayer de faire - en vain - le tour des appareils, je retourne aussitôt sur le tarmac.
Fly me to the moon...

... Tarmac où les visiteurs se pressent déjà vers le point d'observation des présentations en vol. En somme, un espace restreint avec une visibilité réduite (rhaaaa, les parents qui mettent leurs enfants sur leurs épaules!) où vont s'agglutiner plusieurs dizaines de mètres de spectateurs. Ceci dit, c'est la même chose à tous les meetins aériens. Il fallait payer 10? de plus pour avoir une place réservée dans la tribune, face aux pistes.
Chemin faisant, nous passons devant le convertible italien BA609. Une des attractions du salon, il ne fera cependant pas de démonstration en vol durant ces journées publiques. Dommage.
Il y a aussi le pavillion d'Arianespace mais vu la densité humaine au mètre carré, nous ne nous y attardons pas.
En bout d'exposition, voici enfin le fameux A380, le plus beau, le plus gros. Même remarque que précédemment toutefois: bien que ce soit la star incontestée du salon, impossible de l'approcher plus que ça. D'autant plus que, pour une raison que j'ignore, l'appareil étant en exposition statique, les moteurs étaient en marche. Bref, une petite passerelle, un cockpit factice voire un simulateur de vol auraient été les bienvenus.
Le temps de se trouver un carré de bitume et de grignoter sur le pouce un sandwich sous vide, et le spectacle commence. Le présentateur meuble les présentations en alternant l'anglais et le français, bientôt interrompu par un souci technique. Ce qui n'est pas foncièrement gênant puisque sa voix était de toutes manières couverte par le vombrissement de l'A380 tout proche. Malgré une météo menaçante, les ondées ne seront que très passagères - pas assez pour que la levée des parapluies ne s'avère franchement gênante.
Playlist
PZL Swift
HAL ALH Dhruv
Eurocopter Puma
Rex Composite APM 30 Lion
Eurocopter EC 665 Tigre
Dassault Aviation Falcon 7X
Dassault Rafale
Airbus A380-800
Mirage 2000C-RDI
Aermacchi M-346
Lockheed Martin F-16C
Boeing F/A-18E/F Super Hornet
Finmeccanica C-27J spartan
Eurofighter Typhoon
Panavia Tornado
C-160 Transall rescue missio,
Breitling Constellation
Fouga Magister
Eurocopter Fennec
Boeing E-3 Sentry AWACS
Extra 300
La tête à l'envers
Si les premières prestations peuvent laisser un peu froid, la foule s'enthousiasme réellement au passage du Tigre et de son redoutable looping arrière. Tout bonnement renversant!
Vient ensuite le Rafale, produit en mal d'acquéreurs. Un bel avion qui ne parvient toutefois pas à séduire, suscitant des réactions mitigées parmi la foule, quitte à être considéré davantage comme un avion "de frime" plutôt que comme un avion de combat ("Il est joli mais ah bon, il est plus lent que le Mirage 2000?", Mach 1,8 contre Mach 2,2).
http://www.dassault-aviation.com/fr/aviation/salon-du-bourget-2007/demo-rafale-3d.html
De fait, le vaillant Mirage 2000 sera loin de se laisser voler la vedette. Après avoir "décollé comme une fusée" (selon la voix off), il se fera plaisir et enchaînera figure acrobatique sur figure acrobatique, pour un public on ne peut plus ravi.
Pourtant présenté comme un avion de légende, en service depuis les années 1970, le F16 américain n'aura qu'un succès modéré, sa prestation ne surpassant pas celle des chasseurs précédents.
Effet de style, ce sera par contre un F18 armé jusqu'aux dents (à la différence des autres avions) qui effectuera une prestation très dense, laissant les spectateurs à bout de souffle.
L'Eurofighter, quant à lui, et c'est dommage, génèrera un niveau de décibels à peine supportable pour le public. Combiné au ronron strident de l'A380, ce fut de trop. C'est donc avec une bonne migraine en prime que je m'acheminai vers la sortie. Tans pis pour le Tornado et le Mig29, cher à mes souvenirs.
Greener, cleaner, quieter, smarter
En plus du dauphin, c'est ce qui était marqué sur l'autocollant Airbus offert par EADS. Quelques mots sur le meilleur moment du salon.

Au dessus de la tête des spectateurs, on entrevoit un court instant la queue de l'appareil filer le long de la piste, avant que les spectateurs ne laissent échapper des cris de joie. A 14h27 précises, le gros porteur effectue un décollage quasiment en piqué vu son gabarit, sous les vivas de la foule en délire ("Oh le monstre! Oh le morceau!", "C'est le roi!").
Effectuant de gracieux cercles concentriques à basse altitude au dessus du salon, l'A380 charme par sa majesté, et étonne par son silence. Comme le souligne le commentateur, "c'est un avion plutôt fait pour voler haut et en ligne droite". Mais bon, rien que pour le voir, ça valait le coup de venir au Bourget!

LE BOURGET (Reuters) - L'A380 d'Airbus a reçu une publicité inattendue en la personne de John Travolta, arrivé en véritable "guest star" au 47ème salon aéronautique du Bourget.
"J'ai été le premier pilote privé à passer aux commandes de l'A380, en Australie, il y a un an et demi, en marge des essais techniques et ce fut un privilège. C'était fantastique, c'est un avion très facile à piloter vous savez ?", a déclaré à quelques journalistes la vedette de "Pulp Fiction" et de "La fièvre du samedi soir", vêtu d'un pantalon blanc et d'une chemise noire.
La direction d'Airbus a confirmé jeudi que John Travolta, qui compte selon son site internet officiel quelque 5.000 heures de vol à son actif, avait effectué en Australie un vol d'essai sur le très gros porteur en novembre 2006.
"L'A380 se pilote avec un minimanche, et si vous faites une erreur, les commandes de vol rectifient le tir, grâce aux dernières évolutions technologiques", s'est enthousiasmé ce mordu d'aéronautique, qui a décroché sa licence de pilote à l'âge de 19 ans et compte 5.000 heures de vol à son actif.
"En dehors de mon métier, je consacre la majeure partie de mon temps à cette passion", a confié la star, propriétaire d'un Gulfstream 2 et d'un Boeing 707, dont il a posé les roues mercredi sur la piste de l'aéroport du Bourget.
"J'attends également cet été la livraison d'un Eclipse", un micro-jet d'affaires, a indiqué l'acteur, dissimulé derrière des lunettes noires, tout en assurant qu'il n'était pas venu pour acheter d'autres appareils.
Qualifié sur huit types d'avions, dont le Boeing 747, John Travolta possède à son domicile d'Ocala, en Floride, une piste privée et un taxiway menant jusqu'à la maison.
© 2007 AFP
Diable à Queue Fourchue et Mort Chuchotante

Difficile de quitter les lieux sans un petit souvenir, je repars donc avec deux maquettes, un Lightning P38 et un Corsair. Des heures de bonheur en perspective!
Après un retour difficile à la maison (service spécial saturé, lignes de bus perturbées voire supprimées), bilan mitigé pour ce salon du Bourget.
Je regrette particulièrement l'absence du fameux Sukhoi 27 et surtout, surtout, de la Patrouille de France. Il me semblait pourtant que c'était la moindre des choses (m'enfin tout de même, un show aérien sans la Patrouille de France c'est pas un vrai show aérien!). Enfin bon, on repassera... Et encore une fois, il s'agissait là d'un salon professionnel. M'enfin bon, la prochaine fois que me prend l'envie d'un meeting, j'irai à celui de Dijon et au moins j'aurai droit au grand jeu. Sûrement pas d'A380, mais au moins la Patrouille de France, la Frecce Tricolori (Italie), la Patrouille de la Marche Verte (Maroc), des avions à hélice, des chasseurs comme s'il en pleuvait... Tout, quoi.
http://www.patrouilledefrance.com/
http://www.freccetricolori.org/default.asp
http://membres.lycos.fr/feyfant/marche_verte.htm
