Little Nemo in Slumberland 1905-1914

Publié le par CPZ

De Winsor McCay. Edition Taschen (2000), 430 pages, 18,99€.

"La plus belle bande dessinée du monde"? Peut être bien que oui... La présente parution réunit pour la première fois toutes les planches réalisées de 1905 à 1914 dans leurs coloris originaux - un hommage à l'un des chefs-d'oeuvre de la bande dessinée.

Les circonstances de cette heureuse rencontre ont peu d'intérêt mais m'amusent quand même. Vendredi, après une matinée cahotique passée à tirer les rois (trois parts de galette à 10h du matin... j'aurais dû m'abstenir de petit dej!), trinquer du cidre et corriger un examen (sans commentaire...), la lubie me prend d'aller m'acheter de suite le joli petit harmonica Hohner Marine Band dont je rêve depuis quelque temps (j'ai intégré une famille de musiciens, donc j'ai envie de faire un petit effort... en plus mon koala pourra m'aider grâce à sa maîtrise de l'instrument et à sa fantastqiue méthode-CD).

Bref, ma gentille camarade de classe me conseille d'aller chiner du côté de la rue de Rennes, où il y a paraît il quelques magasins de musique. En bonne provinciale qui ne connaît pas Paris et qui n'emporte jamais son plan avec moi parce que mon quotidien se résume habituellement à un aller retour maison-boulot, et surtout, et surtout parce que mon périmètre habituel de shopping se résume au forum des Halles et à la rue Sainte Anne, je fais escale au métro Saint Sulpice sans grande conviction. Je remonte la rue de Rennes, dans un sens, puis dans l'autre, m'aventurant parfois dans les ruelles adjacentes (un peu de marche ne peut pas faire de mal quand on a péché par trois parts de galette à la frangipane...).

De magasin de musique, point. Mais en poursuivant ma route jusqu'à la gare Montparnasse, je tombe sur la Fnac. Dépitée de mon fiasco musical, j'entre et je me réfugie au rayon manga / BD, en quête d'un coup de coeur.

Au bout d'une demi heure passée à feuilleter les trois tomes déjà parus de Black Sad (magnifique... anatomie parfaite des personnages mi animaux-mi humains, maîtrise parfaite des expressions, et surtout époustouflant travail de mise en couleur!), je tombe en arrêt devant Little Nemo in Slumberland 1905-1914. Je connaissais de nom seulement, et c'est surtout la période de parution qui a excité ma curiosité. Belle Epoque? Ca ne peut être que du bon!

Le fait est que cet ouvrage (cultissime!) met une énorme claque. Un vrai enchantement pour qui aime le style graphique 1900, dit aussi "style Jules Verne". Extrème finesse du trait, exactitude des détails, et surtout côté couleurs un plaisir proche de celui des estampes d'Hiroshigue... Bref, un petit bijou pour les yeux.

Mot de l'éditeur
Little Nemo de Winsor McCay fit son entrée le 15 octobre 1905 dans les pages du New York Herald, et il est incontestablement l'un des classiques inégalés qui peuplent l'histoire relativement récente de la bande dessinée. Au premier coup d'oeil, le héros de ces épisodes hauts en couleur n'a rien de sensationnel, pourtant les rêves fantastiques du gamin en pyjama n'ont rien perdu de leur magie pour le lecteur d'aujourd'hui. Loin d'être une plaisante BD pour enfants, Little Nemo transpose dans l'univers du dessin avec un humour subtil un des thèmes les plus marquants des temps modernes - la découverte de l'inconscient. A la recherche du légendaire pays des songes, Nemo traverse des contrées inconnues, menaçantes le plus souvent et toujours déconcertantes, où rien n'est ce qu'il paraît être au premier abord : les objets familiers deviennent gigantesques ou minuscules, des êtres mythiques grimaçants le guettent. Les maisons s'élèvent à des hauteurs vertigineuses avant de s'écrouler l'instant qui suit - à l'orée du XXe siècle, peut-on encore se fier au monde tel qu'il est ? Mais si Little Nemo est l'une des oeuvres les plus innovantes du genre, ce n'est pas seulement en raison du sujet choisi. Dans ses dessins, McCay marie les traits caractéristiques de l'Art nouveau à des architectures d'arrière-plan traitées dans le détail ; de par leur conception spatiale, ses planches évoquent le théâtre et témoignent d'une maîtrise parfaite de la perspective. En outre, la souplesse de la mise en page et le minutieux découpage en séquences de mouvements complexes présentent une méthode qui fera des aventures tumultueuses du petit Nemo un jalon sur la voie qui mène au dessin animé. Little Nemo in Slumberland parut régulièrement à partir de 1905 dans l'édition dominicale du New York Herald. En 1911, McCay quitta le journal pour le groupe du magnat de la presse William Randolph Hearst où il poursuivit son oeuvre rebaptisée Little Nemo in the Land of Wonderful Dreams.

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