Black Hawk down, I repeat, we have a Black Hawk down
Le 3 octobre 1993, avec l'appui des Nations Unies, une centaine de marines américains de la Task Force Ranger est envoyée en mission à Mogadiscio, en Somalie, pour assurer le maintien de la paix et capturer les deux principaux lieutenants et quelques autres associés de Mohamed Farrah Aidid, un chef de guerre local. Cette opération de routine vire rapidement au cauchemar lorsque les militaires sont pris pour cibles par les factions armées rebelles et la population, résolument hostiles à toute présence étrangère sur leur territoire.
Je fais toujours gaffe à ne pas m'endormir devant les films que j'achète, histoire de justifier ma dépense. Même si le film s'avère décevant.
La Chute du Faucon Noir est un film de combats de rue. 2h30 de pétarades et de jets de pierre, punaise. Le scénario? Y a pas de scénario. D'ailleurs le synopsis se plante: les ricains montent une mission bancale sans en avertir l'ONU et ce n'est qu'à la fin, quand l'opération Irène aura véritablement foiré, que les valeureux marines viendront pleurer dans les jupes des Nations Unies.
Ca commence mal: le bataillon Delta est hélitreuillé en plein coeur de la zone hostile. Une jeune recrue zélée (qui est là pour en casser un max) lâche le cable et fait une mauvaise chute: ça suffit à faire capoter toute l'opération. Deux hélicos se prennent des roquettes dans le rotor arrière mais la Delta Force s'obstine à tourner au-dessus de la ville.
C'est là où ça devient déroutant: au nom du leave no man behind, on envoie des dizaines de gars au casse-pipe dans le vain espoir d'en sauver un seul. Histoire aussi de ne laisser ni carcasses d'hélicoptères invalides, ni débris humains à l'ennemi. Alors on fait péter les épaves et on ramasse les morceaux (hop, la main coupée dans la poche).
Ce qui nous vaut quelques passages tripiers dignes des grandes heures d'Urgences et du Soldat Ryan - mais bon, je ne renâcle pas là-dessus, pour le coup c'est plus réaliste qu'autre chose. Tout de même, je me serais bien passée de l'opération chirurgicale "à bassin ouvert". L'artère fémorale s'est rétractée dans le bassin, je dois aller la chercher, zut elle a glissé, ouf c'est bon je l'ai, j'ai fait un noeud. Ca gicle de partout, pour le spectacle merci. Dans la même veine, il y a aussi le gars sectionné en deux mais toujours vivant, et un autre gars transpercé par une roquette. Y touchez pas sinon ça risque d'exploser. Ah tiens, cette fois ça me rappelle un épisode de Grey's Anatomy.
Le film est donc décousu. Vers les 3/4 du film, un pilote est fait prisionnier par le chef des rebelles, qui entend bien l'utiliser comme monnaie d'échange. Ah tiens, il va se passer quelque chose? Que nenni, on apprendra seulement dans le générique de fin qu'il aura en fait été libéré une petite dizaine de jours plus tard. Comme ça, sans raison.
Josh Harnett a toujours l'air d'un grand adolecent pas très vif. Ewan Mc Gregor campe quant à lui un planqué bien déçu de devoir abandonner son secrétariat pour remplacer un Delta au cours de cette opération.
Reste la photo. Pas déplaisante du tout, dans les tons jaune-vert-noir. Et les ballets d'hélicoptères ont un indéniable côté Apocalypse Now - on a même droit à Jimi Hendrix en prime, avec Voodoo Child en guise de Purple Haze.


Publicité